Une Sélection de grands Alsace pour accompagner les repas de fête de Noel 2006

La diversité des vins d’Alsace est telle qu’il est possible de les accorder avec tous les mets des repas de fin d’année. Après avoir goûté plusieurs milliers de vins d’Alsace cette année, découvrez une sélection très personnelle de 27 vins associés à 9 étapes d’un repas de fête. Des vins qui m’ont plu pour leur équilibre, leur forte typicité, leur qualité extrême ou leur bon rapport qualité/prix. Des vins encore à la vente auprès des producteurs ou chez les cavistes, qui raviront les convives à l’occasion des fêtes de fin d’année...

Les vins sont quasiment tous commentés dans les archives du site, lorsque les comptes-rendus sont mis en ligne.

Chaque plat de fête est associé à trois types de vins : dans l’ordre :

  • un vin consensuel d’excellent rapport qualité prix,
  • un vin pour les connaisseurs qui ne plaira peut-être pas à toute la famille mais qui sera parfait entre passionnés de découvertes,
  • un grand vin exemplaire de ce que la région produit de mieux, qui plaira au plus grand nombre.

Il y a bien entendu bien d’autres cuvées et producteurs qui offrent des vins remarquables, et comme dans tout sélection, il est difficile de donner un espace à tout le monde. J’ai donc décidé de ne citer qu’un vin par producteur, et de proposer des vins de toute la région. Les producteurs cités offrent tous une gamme vaste qui vau le coup d’être découverte. La lecture régulière des notes de dégustations et des comptes-rendus de repas dégustations publiés sur le site a du vous donner de nombreuses bonnes adresses. L’idée est de donner des idées, de suggérer des accords, et surtout de vous donner envie d’ouvrir de beaux vins d’Alsace en cette fin d’année.

Apéritif : pour réveiller les papilles et l’appétit, un muscat 2005

L’apéritif ouvre l’appétit, et permet souvent de se concentrer sur le vin. Un muscat du superbe millésime 2005 sera idéal car il possède des arômes intenses et une belle sapidité en bouche. Eviter les muscats sans nez ou trop moelleux en bouche, qui laisseront une impression de lourdeur en bouche.

Muscat Stierkopf 2005 – Pierre Becht  (Dorlisheim) : un muscat aérien, très net et frais, doté d’une petite minéralité en bouche qui lui donne beaucoup de structure. Le vin claque sur la langue.

Muscat Grand Cru Mambourg 2005 – Maurice Schoech (Ammerschwihr) : un muscat puissant dominé par le terroir avec ses notes de cuir et de fruits rouge typiques. L’équilibre est légèrement doux, très minéral avec une finale légèrement tannique. Une expression fine du Grand Cru Mambourg intéressante à découvrir.

Muscat Les Marnes Vertes 2005 – Etienne Loew (Westhoffen) : Un muscat concentré, aérien, qui combine élégance et puissance avec une race évidente en 2005. Les verres se vident rapidement…

Avec l’apéritif et pour le début du repas, un crémant frais et mûr

Le crémant est également un bon moyen d’ouvrir les papilles, et s’il possède suffisamment de fraîcheur, permet même de débuter une partie du repas : pâté en croûte, quiches et tartes salées, feuilletés de poisson ou de légumes permettront de terminer la bouteille entamée à l’apéritif. Eviter les crémants pas assez mûrs et trop acides, qui rebutent les personnes à l’estomac fragile.

Crémant Brut Chardonnay 2002 – Guy Wach (Andlau) : élégant et riche, faiblement dosé et doté d’une belle fraîcheur qui ouvrira les papilles et s’accordera à merveille avec les entrées.

Crémant Brut Prestige 1996 – François Braun (Orschwihr) : dégorgé en début d’année, la cuvée prestige 1996 montre une légère évolution et ravira les amateurs de champagne à maturité.

Crémant Cuvée Prestige « Sub Rosa »  - Cave de Beblenheim : la dernière née de la cave de Beblenheim est un assemblage de pinot noir et chardonnay aux proportions gardées secrètes, faiblement dosé et élevé 24 mois sur latte. Le résultat est un grand crémant, parfumé et délicat au nez, qui possède une belle longueur en bouche.

Sur un plateau d’huîtres et de crustacés, un Sylvaner racé du millésime 2005

Les fruits de mer n’aiment pas trop l’acidité, et appellent un vin sec et droit. Le sylvaner à l’acidité mesurée est le candidat idéal, dans l’excellent millésime 2005. Eviter les sylvaners légèrement doux, qui vont très bien sur une cuisine de tous les jours mais ne flattent pas le goût iodé de l’huître.

Sylvaner 2005 – Claude Weinzorn (Niedermorschwihr) : un sylvaner parfumé, sec et net, avec une bonne concentration en bouche. Facile à boire, difficile à boire avec modération.

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2005 – André Rieffel (Mittelbergheim) : puissant et minéral, voilà une expression dense et saline du terroir du Zotzenberg, admirablement mis en valeur par son cépage de prédilection qui accède pour la première fois à l’AOC Alsace Grand Cru en 2005.

Sylvaner 2005 – Josmeyer (Wintzenheim) : Voilà une cuvée à la vinification exemplaire à partir d’une matière première dense et mûre. Un sylvaner proche de la perfection, droit, sec et concentré avec une forte sapidité. Exemple parfait des possibilités qualitatives du cépage, et parfait vin de table.

Sur les produits de la mer, un riesling minéral et pur

Si la charpente acide du riesling est un bon support pour accompagner les produits de la mer, les terroirs sur lesquels il aura été produit vont faire et défaire les plus beaux accords. Goûtez-en plusieurs de terroirs différents et découvrez la richesse des accords possibles. Eviter les rieslings trop légers si la préparation est riche, et aborder les vieux millésimes avec des personnes qui apprécient le style des grands vins à maturité.

Riesling Cuvée Drei Exa 2004 – Paul Ginglinger (Eguisheim) : un vin sec et droit avec une belle vivacité. Net et éclatant au nez comme en bouche, c’est le riesling parfait sur les poissons et crustacés.

Riesling Grand Cru Rangen 2004 – Martin Schaetzel (Ammerschwihr) : Un vin d’équilibre sec issu dune vendange mûre, très pur en bouche avec une fine acidité qui facilite l’expression délicate des fines notes tourbées et fumées du célèbre Grand Cru de Thann. Un riesling racé à essayer sur des Saint-Jacques aux morilles.

Riesling Grand Cru Altenberg de Bergheim 2001 – Gustave Lorentz (Bergheim) : un grand millésime et un grand terroir ont permis à la maison Lorentz de produire un vin magnifique, minéral à souhait, l’archétype du grand riesling de terroir alsacien. Ne pas servir trop frais pour laisser le gras et la puissance du vin se développer. Supporte les poissons de mer en sauce, les saint-jacques.

Sur le foie gras, un pinot gris riche et complexe

Compagnon idéal du foie gras, le pinot gris plus ou moins moelleux combine une fine acidité avec une belle richesse. Oie ou canard, servi en terrine ou poêlé, les accompagnements (chutney de figues, épices, confiture de sureau) détermineront quel équilibre de vin conviendra le mieux. Eviter les vins trop liquoreux ou déséquilibrés par un sucre trop présent, qui pourraient fatiguer la bouche en début de repas.

Pinot Gris Cuvée Rabelais 2004 – Cave Vinicole de Pfaffenheim : mûr, riche et de style moelleux, ce pinot gris est parfait sur le foie gras le plus parfumé.

Pinot Gris Grand Cru Hengst 2004 – Albert Mann (Wettolsheim) : plongez dans la complexité des accords avec le foie gras grâce à ce vin de terroir dont  le léger moelleux est masqué par les notes minérale au nez et en bouche. Un exercice de style grandiose à table.

Pinot Gris Grand Cru Kitterlé 2002 – Domaines Schlumberger (Guebwiller): un pinot gris riche et moelleux qui exprime en même temps une forte minéralité, lui donnant beaucoup de relief. Proche d’une vendange tardive, la race du terroir en fait un candidat idéal sur un foie gras de canard poêlé.

Avec une belle volaille, un pinot gris racé

La chaire délicate d’une belle volaille appelle le gras et l’ampleur du pinot gris, si possible sur un équilibre sec. Eviter les pinots gris exagérément moelleux, ou les cuvées manquant de corps.

Pinot Gris Pflaenzer 2005 – Cave Vinicole de Ribeauvillé : minéral et légèrement rond, voilà un pinot gris puissant qui possède suffisamment de structure pour accompagner une volaille farcie.

Pinot Gris Grand Cru Brand 2004 – Domaine Hurst (Turckheim) : un vin sec et élégant issu d’une des plus belles parcelles du grand cru Brand. Très élégant au nez, fin en bouche, il révélera toute sa puissance à table.

Pinot Gris Réserve Personnelle 2000 – Trimbach (Ribeauvillé) : Discret au nez et sec en bouche, ce pinot gris issu d’un grand terroir possède suffisamment de corps et de minéralité pour accompagner une volaille au goût puissant, idéalement farcie de foie gras ou de truffes.

La pièce de Bœuf et un pinot noir vinifié en rouge

Les tanins du pinot noir aiment la texture du bœuf, mais dans le grand millésime 2003 il faut éviter les cuvées trop tanniques.

Pinot Noir Rouge 2003 – Maurice Heckmann (Dahlenheim) : une vendange mûre issue d’un terroir marno-calcaire a donné un vin ouvert, souple et fruité avec une bonne concentration.

Pinot Noir 2002 – Zind-Humbrecht (Turckheim) : une fois n’est pas coutume, c’est la qualité de l’élevage sous bois qui est remarquable dans ce pinot noir issu d’un millésime délicat à vinifier. Les Magic Cask de Dominique Laurent en Bourgogne ont fait mouche avec un pinot noir élégant au bouquet complexe, qui n’est pas tombé dans le piège de la surextraction. Le boisé du nez laisse place à une bouche souple qui possède une belle longueur. Une belle bouteille.

Pinot Noir Rotmurlé 2003 – Pierre Frick (Pfaffenheim) : une cuvée moins connue que les stars habituelles, qui possède en 2003 un équilibre remarquable, une grande richesse et beaucoup de souplesse. Dans un style qui rappelle un grand Chambolle Musigny.

Avec le dessert, un vin moelleux et aérien

Le dessert n’aime pas les vins trop lourds. En fin de repas, le palais fatigue et une combinaison trop extrême de sucre rend la dégustation désagréable. Une vendange tardive sur le fruit, dotée d’un bel équilibre et d’une fine acidité permettra de s’accorder avec les tartes, bûches ou salade de fruits. Eviter les vins trop jeunes encore dominés par le sucre, comme souvent en 2003 et 2001, et ne pas hésiter à goûter plusieurs cuvées s’il y a assez de convives pour se rendre compte de la diversité des styles.

Gewurztraminer Clos du Letzenberg Vendanges Tardives 2004 – Jean Thomann (Vins le Manoir, Ingersheim) : la pureté aromatique et gustative de cette cuvée en font un must pour une fin de repas de toute beauté.

Gewurztraminer Oberer Weingarten 1996 – Rolly-Gassmann (Rorschwihr) : la puissance du terroir et les notes exotiques du millésime confèrent à cette cuvée un équilibre remarquablement complexe. Une manière de réinventer le gewurztraminer vendanges tardives.

Gewurztraminer Vendanges Tardives 2002 - Domaine Weinbach (Kaysersberg) : élégant, puissant, et très parfumé, voilà une cuvée de gewurztraminer VT à l’équilibre parfait. Je souhaite que tous les amateurs de vin d’Alsace aient une fois dans leur vie l’occasion de goûter un tel nectar.

La fin de repas ou tout autre moment avec un vin liquoreux

A boire pour eux-mêmes en fin de repas, avec des marrons grillés sur le coup de 17h ou avec des gâteaux de noël épicés à souhait à toute heure de la journée, la fin d’année est le moment idéal pour déguster des sélections de grains nobles. Il y a suffisamment de convives pour ouvrir une bouteille de 75cl, et on peut éventuellement boire la bouteille sur 2 jours à diverses occasions. Servi en petite quantité, c’est le vin de partage par excellence. Eviter de servir les vins trop frais, ou les laisser se réchauffer dans le verre.

Pinot Gris Grand Cru Wineck-Schlossberg Sélection de Grains Nobles 1998 – Vincent Spannagel (Katzenthal) : riche, précis, acidulé et issu d’un terroir granitique produisant des vins aériens, cette cuvée à maturité possède un superbe équilibre

Pinot Gris Schenkenberg Sélection de Grains Nobles 2000 – Domaine Seilly (Obernai) : très concentré, finement acidulé, cette cuvée très précise issue d’un beau terroir ravira les amateurs de vin qui passeront du temps verre à la main à découvrir la complexité au nez et en bouche de cette cuvée. Grand millésime pour les pinots gris SGN.

Gewurztraminer Grand Cru Mambourg Sélection de Grains Nobles 1998 – Marc Tempé (Zellenberg) : Moins vif que le pinot gris, ce gewurztraminer envoûtera vos convives par sa douceur et son fruité délicatement velouté qui rappelle le jus de pêche et de mirabelle. Très concentré, intense au nez et souple en bouche, voilà une sélection de grains nobles très séduisante.

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Thierry Meyer